Chaque année, des milliers d’entreprises passent l’évaluation EcoVadis pour faire reconnaître leur démarche RSE auprès de leurs clients, investisseurs et partenaires commerciaux. Mais derrière la note obtenue se cache une mécanique souvent mal comprise : qu’est-ce qui fait vraiment progresser un score EcoVadis, et qu’est-ce qui distingue une médaille Bronze d’une médaille Or ou Platine ? Voici les clés pour structurer une démarche efficace.
Comprendre ce que mesure réellement EcoVadis
EcoVadis n’évalue pas des intentions, mais des preuves. La méthodologie repose sur quatre thématiques — Environnement, Social & Droits Humains, Éthique et Achats Responsables — évaluées à travers 21 critères pondérés selon le secteur d’activité, la taille et la localisation de l’entreprise.
Concrètement, une entreprise qui agit de façon responsable mais qui ne documente rien obtiendra un score décevant. À l’inverse, une démarche modeste mais bien structurée et bien documentée peut surprendre positivement. C’est le premier réflexe à avoir avant de vouloir améliorer son score EcoVadis : l’évaluation juge la formalisation autant que l’action elle-même.
Score EcoVadis et médaille : deux logiques différentes
Il est essentiel de distinguer deux notions :
Le score
Une note sur 100, propre à votre entreprise, calculée à partir des documents transmis et de leur qualité. Elle représente votre maturité RSE & la qualité du système de management RSE de votre entreprise au moment de l’évaluation.
La médaille (bronze, argent, or, platine)
La médaille (bronze, argent, or, platine) reflète votre position par rapport aux autres entreprises évaluées par Ecovadis dans l’année. Le rang « percentile » représente cette notion. Par exemple, si votre entreprise se situe au 43ème percentile, cela signifie que son score est égal ou supérieur au score de 43 % de toutes les entreprises évaluées par EcoVadis. C’est ce percentile qui décide de la médaille : bronze = top 35% ; argent = top 15%, or = top 5% et platine = top 1%.
À noter : le percentile ne suffit pas à lui seul. Pour être éligible à une médaille, l’entreprise doit notamment obtenir au moins 30/100 dans chacun des quatre thèmes EcoVadis, auxquels s’ajoutent des critères d’éligibilité liés notamment à la Veille 360°.
Ainsi, une hausse de score ne garantit pas automatiquement un changement de médaille, tout dépend aussi de la progression des autres entreprises évaluées. C’est pourquoi une entreprise qui vise une médaille EcoVadis doit non seulement progresser dans l’absolu, mais aussi se situer favorablement par rapport à l’ensemble des entreprises évaluées par EcoVadis au cours des 12 derniers mois. Ainsi le score permet de se comparer notamment par rapport à son secteur, mais le percentile de médaille est calculé tous secteurs confondus.
Les leviers pour améliorer son score EcoVadis
Un bon score EcoVadis ne se construit pas en quelques jours : il reflète avant tout la maturité et la structuration du système de management RSE de l’entreprise
1. Auditer l'existant avant d'agir
Avant de multiplier les actions, un état des lieux honnête permet d’identifier les angles morts : politiques manquantes, indicateurs absents, thématiques négligées. C’est aussi l’occasion de prendre du recul sur les actions menées qui ne sont pas encore valorisées.
2. Documenter systématiquement
Une politique RSE, une charte éthique, une politique achats responsables, un plan d’actions daté : chaque document renforce la crédibilité du dossier. Sans preuve pertinente et suffisamment récente, une pratique peut ne pas pouvoir être valorisée dans l’évaluation. Chaque document doit ainsi être daté et identifié comme appartenant à l’entreprise.
3. Construire des indicateurs de suivi
Les indicateurs permettent de passer d’une déclaration d’intention à un suivi concret des performances : émissions de GES, accidents du travail, formation, diversité, évaluation des fournisseurs, consommation d’énergie, etc.
Pour être réellement utiles, ils doivent être pertinents, datés, documentés et suivis dans le temps, mais aussi cohérents avec les objectifs (tant quantitatifs que qualitatifs) et les priorités de l’entreprise. Le reporting ne consiste donc pas uniquement à accumuler des chiffres : il doit permettre de mesurer les progrès réalisés et d’identifier les axes d’amélioration.
4. Structurer les responsabilités et le pilotage
La mise en place d’une gouvernance RSE dédiée n’est pas, en tant que telle, un attendu direct d’EcoVadis. Il n’est donc pas « obligatoire » de créer un comité RSE ou de nommer un référent uniquement pour répondre à l’évaluation.
En revanche, clarifier les responsabilités, définir des objectifs, organiser un pilotage régulier et donner les moyens nécessaires à la démarche contribue à ancrer la RSE dans le fonctionnement de l’entreprise et à la faire progresser dans la durée.
Référent RSE, comité de pilotage, objectifs, revues régulières ou encore implication de la direction sont autant de moyens qui peuvent permettre de structurer cette démarche et, indirectement, de renforcer la qualité du système de management évalué par EcoVadis.
L’enjeu est donc moins de créer une « gouvernance RSE » pour elle-même que de démontrer que les sujets RSE sont pilotés, suivis et intégrés aux décisions de l’entreprise.
5. Intégrer la RSE dans les relations fournisseurs
Les achats responsables constituent l’un des quatre grands thèmes évalués par EcoVadis, aux côtés de l’Environnement, du Social & Droits Humains et de l’Éthique. Leur importance dans l’évaluation dépend toutefois du profil de l’entreprise et des critères considérés comme pertinents pour son activité.
Charte fournisseurs, critères RSE dans les achats, questionnaires d’évaluation, sensibilisation des fournisseurs ou suivi des risques peuvent notamment permettre de structurer progressivement cette démarche.
Là encore, l’enjeu n’est pas seulement de mettre en place un dispositif, mais de pouvoir démontrer sa mise en œuvre et ses résultats.
Viser la médaille Or ou Platine EcoVadis : ce qui fait la différence
Il n’existe pas de seuil de score universel garantissant une médaille Or ou Platine : les médailles sont attribuées selon le rang percentile de l’entreprise parmi les entreprises évaluées par EcoVadis au cours des 12 derniers mois. Dans la pratique, les démarches les plus matures présentent généralement plusieurs caractéristiques :
- une démarche RSE couvrant les quatre thématiques (Environnement, Social & Droits Humains, Éthique et Achats Responsables), sans point faible marquant ;
- des preuves récentes et régulièrement mises à jour, EcoVadis pénalisant les documents obsolètes ;
- un pilotage dans la durée, avec des plans d’actions objectivés ;
- une cohérence entre les engagements affichés et les résultats mesurés.
Beaucoup d’entreprises abordent EcoVadis comme un exercice ponctuel avant une échéance commerciale. Celles qui obtiennent les plus hautes médailles, à l’inverse, traitent chaque cycle d’évaluation comme une étape d’un plan d’amélioration continue.
Faire d’EcoVadis un outil de pilotage, pas une contrainte
L’évaluation EcoVadis, bien utilisée, dépasse largement l’enjeu de la note. Le rapport de recommandations disponible après chaque évaluation constitue une base utile pour identifier et prioriser les axes d’amélioration au regard de la méthodologie EcoVadis. L’enjeu est alors de transformer ces recommandations en une véritable démarche d’amélioration continue, adaptée aux priorités et aux enjeux propres à l’entreprise. En structurant sa démarche RSE autour de ces axes, une entreprise ne se contente pas d’améliorer son score EcoVadis : elle construit une politique responsable plus solide et plus crédible auprès de l’ensemble de ses parties prenantes — un prérequis, aussi, pour viser durablement la médaille Platine EcoVadis.
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